Vous vous préparez à adopter un bébé et vous souhaitez l'allaiter? Merveilleux! Non seulement c'est possible, mais c'est relativement facile, et de plus, vous avez de bonnes chances de produire une certaine quantité de lait. Cependant, ce n'est pas comme allaiter un bébé que vous auriez porté neuf mois.
L'allaitement et le lait maternel
L'allaitement d'un bébé adopté dépend de deux facteurs. Le premier est d'apprendre au bébé à prendre le sein. Le second est de produire du lait. Il importe d'avoir des attentes réalistes. L'allaitement, c'est plus que le lait maternel, et nombre de mères se satisfont d'allaiter, sans s'attendre à produire tout le lait dont le bébé aura besoin. C'est la relation toute spéciale, le rapprochement, l'attachement biologique fourni par l'allaitement que recherchent bien des mères. Comme disait une mère
adoptive: « Je veux allaiter. Si en plus le bébé reçoit du lait maternel, fantastique. »
Apprendre au bébé à prendre le sein
Même si beaucoup de gens croient que l'introduction précoce des biberons n’interfère pas avec l'allaitement, l'introduction d'une tétine artificielle peut vraiment nuire. Plus le bébé est mis au sein tôt après la naissance meilleurs seront les résultats.
Mais il faut que du lait coule pour que le bébé reste au sein et continue de téter, surtout s'il s'est habitué au débit d'un biberon ou à une autre méthode d'alimentation (tasse, alimentation au doigt). Que faire alors?
1. Parlez au personnel de l'hôpital où doit naître le bébé, et précisez bien à l'infirmière-chef ou à la consultante en lactation que vous voulez allaiter le bébé. On devrait se montrer disposé à nourrir nourrir le bébé à la tasse ou au doigt, si vous ne pouvez pas le mettre au sein immédiatement après sa naissance. D'ailleurs, de plus en plus souvent, on prend les mesures nécessaires pour que la mère adoptive soit présente à l'accouchement et puisse allaiter le bébé immédiatement. Plus vous commencez tôt, mieux c'est.
2. Certaines mères biologiques acceptent d'allaiter le bébé pendant les premiers jours. Des travailleurs sociaux, entre autres, craignent toutefois que cela incite la mère biologique à changer d'idée. C'est possible, et vous pourriez ne pas vouloir prendre ce risque. Cependant, c’est faisable et l'avantage est que le bébé peut être allaité et boire du colostrum,
en plus de ne pas recevoir dès le départ une alimentation artificielle.
3. Une bonne prise du sein est encore plus importante lorsque la mère n'a pas une sécrétion lactée abondante. Une bonne prise signifie des tétées sans douleur. Elle signifie aussi que le bébé recevra davantage de votre lait, que la sécrétion lactée soit ou non abondante. (Voir l’article Effectuer la mise au sein).
4. S'il faut donner un supplément au bébé, il faut le faire avec un DAL (dispositif d'aide à la lactation), pendant que le bébé est au sein (voir l’article n° 5, Utilisation d'un dispositif d'aide à la lactation). C'est à force de prendre le sein que les bébés apprennent à téter, pas en étant nourris à la tasse, au doigt ou au biberon. Bien entendu, le supplément
donné peut être votre propre lait, extrait préalablement. Si vous pouvez en trouver, le lait d’une banque de lait maternel est ce qu’il y a de mieux après votre propre lait. Avec le DAL, le bébé est allaité même lorsqu’il reçoit un supplément, et n’est-ce pas là ce que vous désiriez pour votre bébé?
5. Si vous avez de la difficulté à mettre le bébé au sein, consultez une clinique d’allaitement aussitôt que possible.
Produire du lait maternel
Dès que l'arrivée du bébé est en vue, communiquez avec une clinique d’allaitement et préparez-vous à produire du lait. Ilfaut bien comprendre que vous ne produirez peut-être jamais suffisamment de lait pour nourrir le bébé de façon exclusive, quoique c'est possible. Il ne faut pas se décourager à la vue des quantités extraites avant la naissance du bébé; un tire-lait n'est jamais aussi efficace qu'un bébé qui tète bien et qui est bien mis au sein. L'expression du lait avant la naissance du bébé a pour principal objectif de préparer les seins à sécréter du lait, non de constituer des réserves de lait, même si c'est une bonne idée de le faire si vous pouvez.
Si vous savez suffisamment tôt quand arrivera le bébé, par exemple 3 ou 4 mois à l’avance, un traitement combinant l’½strogène et la progestérone (comme les contraceptifs oraux, mais sans interruption, ou un timbre d’½strogène sur le sein en combinaison avec la progestérone orale) ainsi que du dompéridone peut simuler un peu la grossesse et vous permettre de
produire davantage de lait. Renseignez-vous sur ce protocole auprès de votre clinique d’allaitement.
En savoir plus :
Les différents
types du lait de bébé.